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Jean-Marie Périer, le témoin-photo des années yéyé

1804

Les années 60 ont été gravées dans le marbre en grande partie grâce à ses photos. Jean-Marie Périer, photographe attitré du magazine Salut les copains de Daniel Filipacchi, a vu passer devant son objectif Leica tous les chanteurs rock et yéyé des sixties. Il est devenu le témoin d’une époque révolue qu’il a imprimée, pour toujours, sur pellicule.

L’homme qui a photographié les stars

Tous, ou presque, ont posé pour lui. Chanteurs stars des sixties comme Claude François, Johnny Hallyday ou Françoise Hardy, avec qui il s’est lié d’amitié. Groupes de rock internationaux – Les Beatles, photographiés à Londres, ou les Rolling Stones à Los Angeles.

Il a capturé l’image fantasmatique d’Alain Delon à Saint-Tropez, en 1966, et celle de Bob Dylan en Angleterre. Son cliché de Françoise Hardy en robe Paco Rabanne, pris en 1968, est l’un des plus beaux portraits de stars qui soit. Il s’est aussi essayé à la photo thématique, enregistrant des scènes décalées dans sa série Las Vegas Dream.

Jean-Marie Périer est plus qu’un photographe : il a été l’œil (grand ouvert) d’une certaine époque, les sixties, et d’une certaine France, celle de la révolution culturelle, pour ne pas dire sensuelle.

La première exposition qui lui fut consacrée, en 2002, à l’Hôtel de Ville de Paris, n’a pas seulement attiré les foules. Elle a démontré combien ses clichés étaient devenus emblématiques des années 60, une époque notre tentation pour la nostalgie nous encourage sans cesse à redécouvrir.

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Une histoire de père(s)

Jean-Marie Périer est né, en février 1940 à Neuilly-sur-Seine, d’un premier père dont il ne connaîtra l’identité qu’à ses 16 ans : le chanteur Henri Salvador. François Périer reconnaît l’enfant à sa naissance et l’élève comme son fils.

Son troisième père, symbolique, n’est autre que Daniel Filipacchi, le grand éditeur de presse magazine, qui en 1956 lui ouvre une carrière de photographe en lui mettant un Leica entre les mains. Sa vocation est toute trouvée.

Filipacchi le fait travailler pour ses magazines : Marie-Claire, Paris Match, Télé 7 Jours, Jazz Magazine puis, à partir de 1962, Salut les copains, qui connaîtra le succès que l’on sait.

La tentation de l’écran

En 1974, Jean-Marie s’éloigne de la photo pour lui préférer le cinéma. Antoine et Sébastien en 1974 (avec son père François et Jacques Dutronc), puis Sale rêveur en 1978 (Dutronc toujours et Léa Massari) lui forgent un nom dans le milieu.

Il met également en scène des spots publicitaires et réalise un documentaire sur le groupe Téléphone, qu’il suit pendant sa tournée de 1979.

Ses films publicitaires sous le bras, il décolle pour Los Angeles et s’en fait sa spécialité durant quelques années, entre Hollywood et New York. Il signera notamment des clips de prévention contre la drogue.

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Consécration tardive pour Jean-Marie Périer

De retour en France, il revient à la photographie sous l’impulsion de sa sœur, rédactrice en chef au magazine Elle. C’est à cette époque qu’il produit la série « L’univers des créateurs », pour laquelle il retrouve la liberté et la fantaisie qui étaient ses marques de fabrique dans les années 60.

Les plus grands créateurs de mode passent devant son objectif : Jean-Paul Gaultier, Giorgio Armani, Tom Ford, Christian Lacroix, Yves Saint-Laurent, Karl Lagerfeld. Quelques figures politiques aussi, comme Bertrand Delanoë ou Ingrid Betancourt.

Ce n’est que dans les années 2000 que Jean-Marie accepte de publier. D’abord des recueils de photographies (Mes années 60, Flash) puis des autobiographies, notamment Enfant gâté en 2002. Un documentaire lui est même consacré en 2008.

C’est à Villeneuve, dans l’Aveyron, où il a élu domicile, que le conseil municipal, aidé des subventions des la région et de l’État, a inauguré en son honneur une Maison de la photo qui lui est consacrée.

Cette exposition permanente de ses photographies nous rappelle, s’il était besoin, que Jean-Marie Périer a été le grand témoin des sixties, et le protecteur de l’iconographie fantasmée des stars de l’époque.

Cliquez ici pour accéder au site officiel de Jean-Marie Périer.

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