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La parodie de Star Wars : le côté obscur de la saga

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Si l’on peut juger de la célébrité d’une œuvre au nombre de parodies qu’elle génère, Star Wars est décidément la saga la plus fameuse de l’histoire du cinéma. Depuis que Le Retour du Jedi est sorti sur les écrans en 1983, et jusqu’à récemment avec les reprises humoristiques de la bande-annonce de l’épisode VII, le monde entier s’est réapproprié le grand-œuvre de George Lucas. Humoristes, fans inventifs et géniaux, et même industrie du film pour adultes… Star Wars est décidément née sous une bonne étoile (noire).

Chevaliers et princesses

George Lucas, le « papa » de l’empire Star Wars, ne s’en est jamais caché : l’univers qu’il a créé emprunte à une multitude de référents historiques, culturels et cinématographiques. Certains qu’il a lui-même révélés, d’autres qui ont été soulignés par les fans ou les exégètes de la saga. Ainsi, on retrouve pêle-mêle, à travers ces films :

  • La mythologie gréco-romaine (notamment l’épopée à la Homère)
  • La structure du conte de fées (les chevaliers (Jedi), la princesse)
  • Le mythe de la Frontière (l’exploration de la galaxie comme territoire aux confins encore méconnus)
  • Les monothéismes et leurs implications philosophiques (à travers la Force)
  • Les croyances new age
  • La politique (Empire contre Rébellion)
  • Les aventures du roi Arthur et la quête du Graal
  • Le mythe d’Œdipe (et le conflit avec le père, notamment)
  • Le monomythe (voir Le Héros aux mille visages de Joseph Campbell)
  • Le western
  • Le cinéma d’Akira Kurosawa (les déambulations des droïdes R2-D2 et C3PO étant inspirées des deux protagonistes de La Forteresse cachée)
  • Etc.

Il était naturel qu’en contrepartie, nombre de spectateurs, de fans, de créateurs de tous genres empruntent à leur tour à la mythologie développée par Lucas pour produire des œuvres humoristiques, pastiches ou plagiaires. L’histoire de la parodie de Star Wars est aussi riche, sinon plus, que celle de la saga dont elle est un prolongement.

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La parodie de Star Wars la plus connue : Spaceballs

Spaceballs, c’est le titre original de la désormais plus célèbre parodie de Star Wars de tous les temps : La Folle histoire de l’espace, en français (1987). Puisant pleinement dans cet imaginaire, le réalisateur et scénariste Mel Brooks, connu pour ses pastiches filmiques, raconte l’histoire de Yop Solo (version bêta de Han Solo) et de Beurk, son acolyte mi-homme, mi-chien (sorte de Chewbacca raté).

Ensemble, ils affrontent le cruel Lord Casque Noir (un Dark Vador au couvre-chef démesuré) afin de sauver la princesse Vespa, qui ne roule pas pour les méchants. Le titre Spaceballs (que nous vous ferons la grâce de ne pas traduire littéralement) désigne les serviteurs de l’empire, caricatures débiles des Stormtroopers.

Mel Brooks ne se contente pas de pasticher Star Wars. Il puise dans tout un univers filmique qui va de la science-fiction (Star Trek, La Planète des singes, Alien) au film d’aventures (Indiana Jones), en passant par les classiques familiaux (Blanche-Neige, Le Magicien d’Oz). Brooks a poussé le vice jusqu’à engager une partie de l’équipe technique de Star Wars pour les effets spéciaux.

Le film se moque également de toutes les dérives liées au merchandising Star Wars. Ainsi, dans une scène très drôle, Lord Casque Noir, ne sachant plus quoi faire pour retrouver les héros, se diffuse la cassette de La Folle histoire de l’espace afin de connaître la suite… Quant au personnage de Pizza the Hut, il singe autant Jabba the Hutt qu’il se gausse de la marque Pizza Hut.

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Du Star Wars, mais Empire

Tout le monde n’a pas le talent (ni les moyens) de George Lucas pour produire de la science-fiction à grand spectacle. En s’essayant à la parodie de Star Wars, assumée ou non, nombreux sont ceux qui s’y sont cassés les dents. Ça commence avec Starcrash en 1978, copié-collé italien bon marché qui en reprend les recettes :

  • Acteurs principaux peu connus
  • Guest star (Christopher Plummer remplace Alec Guinness et Peter Cushing, auxquels Lucas rendait hommage)
  • Effets spéciaux spectaculaires
  • Batailles spatiales
  • Intrigue inspirée de la bande-dessinée

Néanmoins, Starcrash, qui n’aura mis que quelques mois à être produit et à sortir en salles dans la foulée du premier épisode de Star Wars (sorti en 1977, rappelons-le), n’est pas dénué d’un certain savoir-faire qui le rend très regardable.

Ce n’est pas le cas d’un film turc de 1982, L’Homme qui sauva le monde. Ce titre ne vous dit rien ? Essayez celui-ci, plus célèbre sous nos latitudes : Turkish Star Wars. Effets spéciaux réalisés avec des bouts de ficelle, musiques pompées sur les blockbusters d’Hollywood, acteurs nullissimes, dialogues anémiques… Un « bidule » devenu culte auprès des amateurs de nanars.

Enfin, dans le pire du pire, impossible de ne pas évoquer l’industrie du porno, qui s’est régalée des sous-textes sexuels de la saga (la princesse Leia en bikini de l’espace dans Le Retour du Jedi). Sex Wars, Star Wars XXX, Space Nuts… Les occurrences ne manquent pas. Au risque de finir par transformer la Force en farce.

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Un travail qui Force le respect

Heureusement, pour sauver la mise, il y a le film de fans. Plus que de la parodie de Star Wars, il s’agit ici de toute une galaxie d’amoureux de la saga qui se sont appuyés sur celle-ci pour laisser parler leur inventivité et leur créativité. Le résultat, c’est un univers parallèle à La Guerre des étoiles, parfois reconnu et intégré à la mythologie par Lucas lui-même, qui ne cesse d’enfler.

Citons, pour exemple, un faux documentaire de 1997, Troops, qui suit les aventures d’une patrouille de Stormtroopers sur Tatooine. Jouant les policiers, ils enquêtent sur une querelle au sein d’un couple, liée visiblement au départ impromptu de leur neveu, emmené par un certain Obi-Wan Kenobi…

Ou encore Thumb Wars, sous-titré en français La Guerre des pouces : une parodie de Star Wars en format court, réalisée en 1999, utilisant des pouces déguisés et coiffés en guise de marionnettes pour raconter une version pastichée des aventures de Luke Skywalker et du contrebandier Han Solo, attaqués par… une phalange de Stormtroopers.

Vous trouverez d’autres exemples, vidéos à l’appui, sur ce lien.

Détail amusant : dans Space Ballz, une déclinaison animée et érotique de la saga, on pouvait voir un Dark Vador affublé d’oreilles de Mickey… Plus de dix ans avant le rachat de Lucasfilm par Disney ! Comme quoi, la parodie peut-être visionnaire, aussi.

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