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Le french bashing, ou quand l’art de détester confirme la peur d’aimer

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Les Français puent, les Français sont arrogants, les Français mangent des cuisses de grenouille à l’ail et au roquefort pour le petit déjeuner. Paris est pleine de « No-Go Zones », la France est un pays du Moyen-Orient, ses citoyens n’ont jamais vu un ordinateur ou une télévision de leur vie. Si nous devions résumer le french bashing aujourd’hui ensemble, nous dirions que c’est d’abord des clichés. Mais pas que ! Au menu de cet article : un petit tour du monde du ressentiment antifrançais.

L’Histoire, hors d’œuvre peu savoureux

Face à la perfide Albion

On peut le dire : l’Histoire est un plat qui nous dessert. D’abord il y a eu le cinquième siècle de notre ère, marqué par la chute finale de l’Empire romain d’Occident. Exit le travail de longue haleine de romanisation de la Gaule entrepris par Jules César quelques 500 ans plus tôt ! Désormais, des peuplades germaniques arrivaient en masse et eurent tôt fait de s’accaparer les lieux. Des clans se formèrent : les Francs, les Angles, et les Saxons. Les deux derniers se partageaient l’île de Bretagne.

Et puis, beaucoup plus tard, une fois le Moyen-Âge confortablement installé dans les esprits, en 1066 pour être exact, un petit malin du nom de Guillaume le Bâtard, obscur duc de Normandie, eut la brillante idée de revendiquer la couronne anglaise. Une bataille d’Hastings plus tard, voilà qu’il devenait roi d’Angleterre et, par la même occasion, l’ennemi numéro de la couronne française. Si cet homme avait voulu inventer le french bashing, il ne s’y serait pas mieux pris.

À partir de là, c’est l’escalade. Guerre de cent ans, traité de Westphalie, expansion coloniale… tout est prétexte pour se taper dessus. Les choses auraient pu s’arrêter là, mais c’était sans compter l’arrivée en grande pompe de Napoléon Bonaparte. Il faudra attendre l’aube du vingtième siècle pour que France et Angleterre se décident à faire ami-ami. C’est aux alentours de cette période que la notion de french bashing se popularisa. Faute de se battre contre les bouffeurs d’escargots, autant les insulter !

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Les Froggies dans le collimateur de l’oncle Sam

La Grande Guerre donna aux Américains l’occasion de s’expatrier dans la ville des Lumières qu’est Paris, pour y mener une vie de bohème au tournant des années folles. Francis Scott Fitzgerald, Hemingway, Edith Wharton… ils l’aimaient bien, notre culture raffinée ! Et pourtant. Le retour des troupes de l’oncle Sam en 1944 fut nettement moins plaisant. L’hôtel de luxe avait perdu ses étoiles. Le restaurant avait changé de chef. Paris brillait nettement moins. La guerre, que voulez-vous…

À grands coups de discours bienveillants, tels celui du général Patton, « mieux vaut avoir une division allemande devant soi qu’une division française derrière » et de manuels prétendument destinés à comprendre la vie à la française, l’armée nord-américaine réussit (assez brillamment) à implanter dans l’esprit de ses concitoyens l’idée selon laquelle la France, c’est nul. Le french bashing allait bientôt battre son plein.

Ne parlons même pas de l’Histoire moderne. Entre l’embargo sur le fromage français promis par George W. Bush en cas de refus de la France d’intervenir en Irak en 2003, et le remplacement du terme « french fries » par « freedom fries » dans les cafétérias de divers bureaux de la Chambre des Représentants la même année, la France a définitivement gagné ses galons de pays médiocre dans l’opinion anglo-saxonne.

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Le french bashing médiatique, un plat qui ne se mange pas

Il faut croire que les médias anglo-saxons, américains comme britanniques, n’ont jamais vraiment oublié l’opposition à l’hégémonie des USA revendiquée par quelques grands hommes politiques français, tels un certain Charles de Gaulle ou monsieur Dominique de Villepin. Ces deux-là firent, en leur temps, montre d’un rejet total des initiatives de l’oncle Sam : respectivement, l’ingérence américaine dans les affaires de l’Europe via la Grande-Bretagne, et l’intervention en Irak des Nations Unies.

Ces affaires-là, mêlées au french bashing pratiqué par les médias en lien avec les syndicats français, perçus comme dégénérés et fous par les entrepreneurs anglo-saxons, contribuent à faire de la France un pays méritant de se faire taper dessus. Lisez-en plus sur la question en cliquant ici. D’une certaine manière, le french bashing est peut-être aussi une pratique bien utile pour démontrer sans se fouler qu’un système réticent à la mondialisation, à l’américanisation, au capitalisme à outrance… ne peut pas être un système en bonne santé. En attendant, on tape, on tape, mais la France est toujours debout !

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